Pour réussir à faire apprendre

L’hypnose pour apprendre à apprendre de manière structurée ou pour apprendre à faire apprendre, au travers de meilleurs outils et techniques de communication.

 

0:04:19 >> 0:05:17Kevin Finel
Un bon prof n’est pas forcément quelqu’un qui est bon dans la matière qu’il enseigne.
Réf. Jacotot
Meirieu, P. (2001) « Peut-on enseigner sans savoir »
Rancière, J. (1987) « Le maître ignorant, cinq leçons sur l’émancipation intellectuelle »

0:08:19Kevin Finel
Franck Lepage
Le système scolaire : « l’école est là pour instruire, éduquer et former » (20mn)
Incultures (1) – L’éducation populaire, monsieur, ils n’en ont pas voulu (3h)
Incultures (2) – Et si l’on empêchait les riches de s’instruire plus vite que les pauvres (3h)

0:09:52 >> 0:13:50Kevin Finel
La mémoire fonctionne de manière émotionnelle. On va retenir tout ce qui est présent autour d’une émotion. Avant de donner une information importante, on a besoin de créer une émotion : l’envie, la peur (dans un contexte de jeu), la frustration. Il faudrait scénariser un apprentissage pour alterner émotions et données importantes. Si les données racontent une histoire (par exemple une anecdote), elles sont plus faciles à mémoriser. Lorsque je transmet quelque chose, je dois autant m’adresser au conscient de la personne qui m’écoute, qu’à son inconscient. Créer l’émotion permet cela.

0:14:36Séverine Duhau Le Hung
Comment utiliser le Storyteling dans l’éducation du secondaire.
Mc Drury, J. & Alterio, M. (2002) « Learning through Storyteling: Using Reflection and Experience in Higher Education Contexts ».

0:19:48 >> 0:20:26Jean Dupré
Un exemple : susciter de la curiosité, pour créer l’attention par l’émotion, avant de délivrer un message important.

0:22:33 >> 0:24:38Kevin Finel
Savoir décoder le système d’apprentissage de quelqu’un. Qu’est-ce qui va créer le plus d’émotions chez la personne qui est en face de moi ? Quelles sont ses valeurs, ses centres d’intérêts ? Savoir poser des questions, questionner le besoin, questionner l’attente, mais aussi savoir questionner ce qui passe au niveau de l’inconscient, de l’imagination, pour dépasser les difficultés d’apprentissage.

00:26:47 >> 0:28:41 – Jean Dupré
Pour que les élèves se sentent en confiance, il faut qu’ils se sentent écouté, qu’ils se sentent en sécurité, c’est à dire pas jugé, pas dévalorisé. Ils ont besoin que l’on s’intéresse à eux. Et ils ont aussi besoin qu’on leur résiste un peu… Un exemple tout simple : est-ce que je critique le travail ou est-ce que je critique l’élève ? Si je dis « ce travail n’est pas bien mais tu es capable de faire mieux », c’est pas du tout la même chose que de dire simplement « non c’est null ça »… Car ça laisse à l’élève toute la place de s’identifier à la nullité de son travail.

00:29:00 >> 00:32:00Kevin Finel
Est-ce que l’école apprend à bien apprendre ? L’école est encore basée sur ce qu’on avait besoin d’apprendre il y a quelques temps, il y a quelques générations et n’est plus forcément adapté à notre société d’aujourd’hui. Aujourd’hui on a besoin de savoir apprendre.  Aujourd’hui obtenir une information n’est plus une difficulté, par contre la trier devient un peu plus compliqué : donc développer l’esprit critique, savoir multiplier ses points de vus, travailler sur la créativité, sur l’adaptation, la flexibilité, la gestion de ses émotions : c’est tout ça que l’école devrait apprendre à faire aux élèves.

0:37:10 >> 0:39:44 – Séverine D.L.H. & Jean D.
Co-développement : apprentissage collaboratif. Améliorer le questionnement au travers d’une expérience collective et du regard des autres. L’esprit crique m’amène à m’impliquer dans mon apprentissage : au lieu d’être passif on devient actif.  Ce qui fait que j’ai une expérience avec ce savoir, qui me permet de mieux mémoriser ce que j’apprend.

0:44:40 >> 0:45:20Séverine Duhau Le Hung
Quelqu’un qui va transmettre une information, va probablement être un modèle pour ses élèves.

0:47:20 >> 0:49:10Jean Dupré
Si on est centré sur la peur d’échouer plutôt que sur l’envie d’apprendre, c’est normal que ça bloque notre capacité d’apprentissage. Est-ce que je me focalise sur ma note ou est-ce que je me focalise sur le chemin de l’apprentissage et sur le plaisir que je peux en tirer ? Si on était un peu plus dans la culture de l’apprentissage, de l’erreur, si on était moins focalisé sur le résultat mais plus sur le processus d’apprentissage, ça serait un tel plaisir de découvrir de nouvelles choses chaque jour.  Tout ça demande d’accepter l’échec.

0:51:14 >> 0:52:15 – Jean Dupré
Je ne fais que des choses que je ne sais pas faire, c’est comme ça que j’apprends à les faire. […] L’intelligence ce n’est pas ce que l’on sait mais ce que l’on fait quand on ne sait pas. […] Prendre du plaisir à ne pas savoir et à chercher, car le plus intéressant ce n’est pas de savoir, c’est d’apprendre.

0:52:50 >> 0:55:22 – Tous
Thiry, A. (2012) « Ça y est j’ai compris ! »
Thiry, A. (2007) « Apprendre à apprendre avec la PNL »
Toscani, P. (2012) « Apprendre avec les neurosciences : rien ne se joue avant 6 ans »
Stone, D. & Heen, S. (2015) « Thanks for the Feedback »
Demnard, D. (2009) « L’aide à la scolarité par la PNL »
Robinson, K. (2015) « Trouver son élément »

1:03:34Thibault Gouttier
Les grands principes de l’apprentissage – Stanislas Dehaene (2013) 

1:13:09 >> 1:14:26Kevin Finel
Ecoles Montessori, écoles Steiner, etc. même problème : les enfants qui en sortent ont du mal à s’adapter à toutes les réalités de la vie, vie qui est loin d’être parfaite.

1:15:40 >> 1:16:54 – Jean Dupré
Qu’est-ce qu’on valorise ? Est-ce qu’on valorise des savoirs parfois inutiles ? Ou est-ce qu’on valorise de la compétence ? La compétence c’est savoir utiliser les connaissances pour agir. On peut agir avec moins de savoir et plus de compétences et être incompétent avec plein de savoirs. On est dans une époque de totale mutation.  Est-ce qu’aujourd’hui il faut encore apprendre des savoirs ? Ou bien est-ce qu’il faut donner aux élèves la capacité d’apprendre à apprendre et  à s’adapter, à changer, à évoluer, tout en mettant l’accent sur les soft skills : communiquer, apprendre, écouter, entre en relation, évoluer, prendre des risques…

1:19:20 >> 1:20:04Séverine Duhau Le Hung
La génération Y (et même la génération X qui arrive dans l’entreprise maintenant) sont demandeurs d’autres méthodes de travail et de beaucoup d’autre type de formation. Ils ont la volonté qu’on leur transmette des expériences, des expertises et qu’on aille vers des forme d’enseignement qui sont plus de l’ordre de l’adaptation au changement, développant la capacité d’apprendre eux-même et d’être autonomisés.

 

Les nouvelles générations

 

Symptôme Y :

  • Super pouvoir dans ses mains : le numérique.
  • Génération omnisciente – le savoir à porter de clic.
  • Présomption de compétences.
  • Changer le rapport à l’entreprise.
  • Partir des entreprises.
  • Faire passer le pourquoi avant le comment.
  • Ambition de s’accomplir avant celle de réussir.

 

Symptôme Z :

  • Le Z devient son propre patron.
  • Le centre d’emploi devient le Z.
  • 13 métiers différents à moins de 30 ans.
  • Évolue dans un monde régie par l’obsolescence des compétences ou rien ne sera jamais pour jamais.
  • La plupart des métiers qu’ils feront dans 5 ans n’existe encore pas.
  • A quoi sa sert l’école pour faire un job qui n’existe pas encore ?

 

La conclusion du Z :

  • Je serai entrepreneur de ma formation.
  • On apprendra de moi demain.
  • L’entreprise sera une entreprise apprenante, diplômante ?
  • Apprendre de l’école : 7% uniquement…

 

Ma conclusion de « vieux » prof :

  • Sachant que ce qui est dit ici a de grande chance d’être visible demain.
  • Sachant que je forme des élèves pour l’école de la vie.
  • Que dois-je leur apprendre qui pourrait leur servir dans cette vision d’avenir ?
  • Qu’est-ce qui sera important pour eux ?

Sentiments, émotions, besoins…

 

resultat

La rosace de Robert Plutchik adaptée pour évaluer une séance d’apprentissage.

Introduite en classe au début de ma 2ème année d’enseignement, la rosace des émotions me permet d’avoir un feed-back sur l’évolution des sentiments des élèves au fil des semestres. Je leur demande de m’envoyer un mail avec 1 à 3 sentiments maxi, accompagnés d’un petit texte m’expliquant pourquoi. Çà ouvre la porte à des discussions intéressantes que nous n’aurions jamais pu avoir sinon. Pour cette 3ème année d’enseignement, en plus d’utiliser la rosace de Plutchik, je me suis fabriqué une seconde rosace avec 14 pages A4 plastifiées que je disposerai au sol en fin de chaque demi journée de formation, pour avoir un retour simple et rapide sur chaque séance et essayer de faire le lien entre le ressenti et les besoins satisfaits ou non satisfait qui sont à l’origine de ce sentiment. Les items que j’ai sélectionnés sont : inquiet, dépassé, contrarié, déçu, dubitatif, rassuré, heureux, enthousiaste, optimiste, serein, indifférent, ennuyé, fatigué, autre… On va voir ce que ça donne !

Pour en savoir plus…

 


 

02 - Inquiet 03 - Dépassé04 - Contrarié 05 - Déçu 06 - Dubitatif 07 - Rassuré 08 - Heureux 09 - Enthousiaste 10 - Optimiste 11 - Serein 12 - Indifférent 13 - Ennuyé 14 - Fatigué01 - Autrement

 

 

La parole et le silence

Entre :
 Ce que je pense,
Ce que je veux dire,
 Ce que je crois dire,
 Ce que je dis,
 Ce que vous avez envie d’entendre,
 Ce que vous croyez entendre,
 Ce que vous entendez,
 Ce que vous avez envie de comprendre,
 Ce que vous croyez comprendre,
 Ce que vous pouvez comprendre,
 Ce que vous comprenez,
 Il y a dix Autant de possibilités que l’on ait des difficultés à communiquer.
 Mais essayons quand même… ”

Encyclopédie du savoir relatif et absolu
Edmond Wells / Bernard Weber

 

Concluons en citant Roger Cousinet :
‟ Arrêtons d’enseigner pour que les élèves puissent commencer à apprendre ! ”

 

Éducation nouvelle

Et sur les indications du diable, on créa l’école. L’enfant aime la nature : on le parqua dans des salles closes. L’enfant aime voir son activité servir à quelque chose : on fit en sorte qu’elle n’eût aucun but. Il aime bouger : on l’obligea à se tenir immobile. Il aime manier des objets : on le mit en contact avec des idées. Il aime se servir de ses mains : on ne mit en jeu que son cerveau. Il aime parler : on le contraignit au silence. Il voudrait raisonner : on le fit mémoriser. Il voudrait chercher la science : on la lui servit toute faite. Il voudrait s’enthousiasmer : on inventa les punitions. […] Alors les enfants apprirent ce qu’ils n’auraient jamais appris sans cela. Ils surent dissimuler, ils surent tricher, ils surent mentir.

 

Adolphe Ferrière
Cofondateur en 1921 de la Ligue internationale de l’éducation nouvelle

Rôle de l’enseignant

Selon moi, l’enseignant n’incarne pas le savoir, ni le transmet :

  • Il créée un climat et des conditions favorables pour faire apprendre aux élèves à faire les choses, en les faisant (Philippe Meirieu).
  • Il créée des situations problèmes dans leur zone proximale de développement pour exciter leur curiosité, susciter le conflit cognitif et développer le regard critique et la créativité (Lev Vygotski).
  • Il plonge l’apprenti dans des projets concrets pour qu’il puisse développer son autonomie, prendre en charge son propre apprentissage et améliorer son savoir-être (Henry Boudreault).
  • Il créée des espaces de métacognition pour développer chez l’apprenant la pratique réflexive (Philippe Perrenoud).

Et vous ? Quel enseignant êtes-vous ?

Supplique d’un enfant à ses enseignants

L’École

par Jacques Salomé

 

Apprenez-nous l’enthousiasme.
Enseignez-nous l’étonnement de découvrir.
N’apportez pas seulement vos réponses.
Réveillez nos questions.
Accueillez surtout nos interrogations.
Appelez nous à respecter la vie.

Apprenez-nous à échanger, à partager, à dialoguer.
Enseignez-nous les possibles de la mise en commun.
N’apportez pas seulement votre savoir.
Réveillez notre faim d’être.
Accueillez nos contradictions et nos tâtonnements.
Appelez nous à grandir à la vie.

Apprenez-nous le meilleur de nous-mêmes.
Enseignez-nous à regarder, à explorer, à toucher l’indicible.
N’apportez pas seulement votre savoir faire.
Réveillez en nous le goût de l’engagement.
Accueillez notre créativité pour baliser un devenir.
Appelez nous à enrichir la vie.

Apprenez-nous la rencontre avec le monde.
Enseignez nous à entendre au-delà des apparences.
N’apportez pas seulement de la cohérence et des bribes de vérités,
Éveillez en nous la quête du sens.
Accueillez nos errances et nos maladresses.
Appelez-nous à entrer dans une vie plus ardente.

Il y a une urgence vitale.

 

“Minuscules aperçus sur la difficulté d’enseigner” (2004)
Jacques Salomé

Est-ce que le savoir est obsolète ?

 

Je souhaite aider à la construction d’un futur pour l’apprentissage, en aidant les enfants à travers le monde à mettre en oeuvre leur réflexion et leur capacité à travailler en groupe, dans des environnements d’apprentissages auto-organisés. Aidez-moi à créer ces écoles. Je les appellerai l’école dans le cloud. Cela sera une école dans laquelle les enfants auront ces expériences intellectuelles, dirigées par ces grandes questions posées par les professeurs.

Sugata Mitra
1994

 

Savoir interpréter

Pour que soit mise en place une éducation véritablement fondatrice, il ne faut plus favoriser les contenus de la formation, mais il faut cultiver la capacité de flexibilisation, c’est-à-dire apprendre comment changer : privilégier l’initiative sur la passivité, l’ouverture d’esprit sur l’étroitesse, la collaboration sur la concurrence, la souplesse sur la rigidité, l’autonomie sur la dépendance, le questionnement sur la croyance autoritaire.

Francisco Varella
"Né pour organiser"
1994

 
 

Briser le culte de l’éducation comme transfert d’informations. Remplacer la culture de l’information par la culture de l’autonomie de l’individu. L’éducation c’est construire son propre chemin d’apprentissage. La communication ce n’est pas un transfert d’information, ce n’est pas un échange d’entrées et de sorties d’informations. C’est le piège à dépasser. Communiquer c’est un processus de réorganisation interne de l’un et l’autre systèmes. Communiquer c’est créer une interface entre deux individus A et B, chacun étant vu comme un ensemble de constellation de sens. Communiquer c’est permettre l’émergence d’une nouvelle constellation de sens commune pour un temps, mais différente pour chacun qui n’est en aucun cas identique pour A et pour B, car chacun est porteur de son propre point de vu, de sa propre histoire, de son propre devenir. L’autonomie c’est mettre au centre de la dynamique de couplage, le processus d’émergence de sens continuel. L’intelligence ne se définit plus comme une faculté de résoudre un problème, mais comme celle de pénétrer un monde partagé. Il faut remplacer : capter de l’information par couplage actif, traitement de l’information par faire émerger du sens, acquisition de savoirs par construire son propre chemin d’apprentissage.

Francisco Varella
"Né pour créer du sens"
1994

 
 

Ce modèle de formation à intention plus appropriative pour le sujet en formation, repensé, développé, et enseigné à ma façon, m’a permis de transformer progressivement mes pratiques de formateur-enseignant ; puis de les faire évoluer vers un modèle en tension entre des savoirs à acquérir, des apprenants eux-mêmes porteurs de connaissances en éveillant leur désir d’apprendre, et un enseignant médiateur-accompagnateur des constructions singulières de connaissances. La pédagogie d’essence transmissive du jeune enseignant formateur que j’étais, s’est ainsi progressivement complexifiée par des dialogues intellectuels et opérationnels entre mon projet personnel, mes expériences (et ses deux sens) et la construction des savoirs sans cesse à réactualiser et à adapter.

Jean CLÉNET
"L'ingénierie des formations en alternance"
2003

 
 

Voilà le rôle du maître : être celui qui apporte les matériaux de questions nouvelles.

Albert Jacquard
1994

 
 

Car l’Ingenium – cette étrange faculté de l’esprit qui est de relier – …a été donné aux humains pour comprendre, c’est à dire pour faire.

Giambatista VICO
1708