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Éducation nouvelle

Et sur les indications du diable, on créa l’école. L’enfant aime la nature : on le parqua dans des salles closes. L’enfant aime voir son activité servir à quelque chose : on fit en sorte qu’elle n’eût aucun but. Il aime bouger : on l’obligea à se tenir immobile. Il aime manier des objets : on le mit en contact avec des idées. Il aime se servir de ses mains : on ne mit en jeu que son cerveau. Il aime parler : on le contraignit au silence. Il voudrait raisonner : on le fit mémoriser. Il voudrait chercher la science : on la lui servit toute faite. Il voudrait s’enthousiasmer : on inventa les punitions. […] Alors les enfants apprirent ce qu’ils n’auraient jamais appris sans cela. Ils surent dissimuler, ils surent tricher, ils surent mentir.

 

Adolphe Ferrière
Cofondateur en 1921 de la Ligue internationale de l’éducation nouvelle

Vision

Des changements importants sont aujourd’hui à l’oeuvre pour l’école.  Sa nécessaire évolution pour s’améliorer et s’adapter aux besoins des jeunes et de la société fait consensus et prend corps au collège par la nouvelle réforme.

Les pédagogies nouvelles en plaçant l’élève au centre des apprentissages ont rompu avec un modèle pyramidal où seul le maître détenait le savoir et mis le focus sur l’apprentissage comme processus d’élaboration personnel.

Mais les attentes de la société en termes de formation et de représentation du travail ont changé. L’école est censée former un jeune adulte capable de travailler en équipe ou en réseau, de s’adapter à la complexité des situations, de se reconvertir plusieurs fois au cours de sa carrière, de travailler en cohérence avec ses valeurs, de se former tout au long de la vie. De plus, l’élève du XXIe siècle est un «digital native», branché en permanence ou presque sur des réseaux d’échange, de communication, de création, il se détend en réseau, travaille en réseau, apprend en réseau. L’élève seul n’occupe plus le centre. A l’école, il est inclus dans un groupe, et que c’est à ce groupe-classe de réaliser le travail de construction et d’apprentissage.

Il s’agit de créer une synergie, processus de croissance et de développement de la personne et du groupe, vecteur d’apprentissage et d’éducation, permettant l’émergence de ce qu’on peut appeler aujourd’hui l’intelligence collective, dynamique de travail et produit le plus abouti de la collaboration.

Les enjeux sont aujourd’hui de former des hommes et des femmes actifs et acteurs, ouverts aux autres et à la complexité du monde, porteurs de valeurs. L’évolution de l’école et de la société nous amène à porter un autre regard sur la mission de l’enseignant dans la classe non plus seulement détenteur d’un savoir à transmettre, facilitateur de l’accès de l’élève au savoir, mais aussi en charge d’un groupe à mettre en synergie pour lui permettre de grandir et de se dépasser.

Pour cela, il est porteur de sens et de projet, et encourage les échanges. Notre visée est d’apporter des outils pour penser cette posture de l’enseignant et la mise en oeuvre d’une pédagogie de l’intelligence collective.

Par Sylvie Fornero
Vision

 

Les nouvelles générations

 

Symptôme Y :

  • Super pouvoir dans ses mains : le numérique.
  • Génération omnisciente – le savoir à porter de clic.
  • Présomption de compétences.
  • Changer le rapport à l’entreprise.
  • Partir des entreprises.
  • Faire passer le pourquoi avant le comment.
  • Ambition de s’accomplir avant celle de réussir.

 

Symptôme Z :

  • Le Z devient son propre patron.
  • Le centre d’emploi devient le Z.
  • 13 métiers différents à moins de 30 ans.
  • Évolue dans un monde régie par l’obsolescence des compétences ou rien ne sera jamais pour jamais.
  • La plupart des métiers qu’ils feront dans 5 ans n’existe encore pas.
  • A quoi sa sert l’école pour faire un job qui n’existe pas encore ?

 

La conclusion du Z :

  • Je serai entrepreneur de ma formation.
  • On apprendra de moi demain.
  • L’entreprise sera une entreprise apprenante, diplômante ?
  • Apprendre de l’école : 7% uniquement…

 

Ma conclusion de « vieux » prof :

  • Sachant que ce qui est dit ici a de grande chance d’être visible demain.
  • Sachant que je forme des élèves pour l’école de la vie.
  • Que dois-je leur apprendre qui pourrait leur servir dans cette vision d’avenir ?
  • Qu’est-ce qui sera important pour eux ?

Sentiments, émotions, besoins…

 

resultat

La rosace de Robert Plutchik adaptée pour évaluer une séance d’apprentissage.

Introduite en classe au début de ma 2ème année d’enseignement, la rosace des émotions me permet d’avoir un feed-back sur l’évolution des sentiments des élèves au fil des semestres. Je leur demande de m’envoyer un mail avec 1 à 3 sentiments maxi, accompagnés d’un petit texte m’expliquant pourquoi. Çà ouvre la porte à des discussions intéressantes que nous n’aurions jamais pu avoir sinon. Pour cette 3ème année d’enseignement, en plus d’utiliser la rosace de Plutchik, je me suis fabriqué une seconde rosace avec 14 pages A4 plastifiées que je disposerai au sol en fin de chaque demi journée de formation, pour avoir un retour simple et rapide sur chaque séance et essayer de faire le lien entre le ressenti et les besoins satisfaits ou non satisfait qui sont à l’origine de ce sentiment. Les items que j’ai sélectionnés sont : inquiet, dépassé, contrarié, déçu, dubitatif, rassuré, heureux, enthousiaste, optimiste, serein, indifférent, ennuyé, fatigué, autre… On va voir ce que ça donne !

Pour en savoir plus…

 


 

02 - Inquiet 03 - Dépassé04 - Contrarié 05 - Déçu 06 - Dubitatif 07 - Rassuré 08 - Heureux 09 - Enthousiaste 10 - Optimiste 11 - Serein 12 - Indifférent 13 - Ennuyé 14 - Fatigué01 - Autrement

 

 

La parole et le silence

Entre :
 Ce que je pense,
Ce que je veux dire,
 Ce que je crois dire,
 Ce que je dis,
 Ce que vous avez envie d’entendre,
 Ce que vous croyez entendre,
 Ce que vous entendez,
 Ce que vous avez envie de comprendre,
 Ce que vous croyez comprendre,
 Ce que vous pouvez comprendre,
 Ce que vous comprenez,
 Il y a dix Autant de possibilités que l’on ait des difficultés à communiquer.
 Mais essayons quand même… ”

Encyclopédie du savoir relatif et absolu
Edmond Wells / Bernard Weber

 

Concluons en citant Roger Cousinet :
‟ Arrêtons d’enseigner pour que les élèves puissent commencer à apprendre ! ”