Tous les articles par le prof

Rôle de l’enseignant

Selon moi, l’enseignant n’incarne pas le savoir, ni le transmet :

  • Il créée un climat et des conditions favorables pour faire apprendre aux élèves à faire les choses, en les faisant (Philippe Meirieu).
  • Il créée des situations problèmes dans leur zone proximale de développement pour exciter leur curiosité, susciter le conflit cognitif et développer le regard critique et la créativité (Lev Vygotski).
  • Il plonge l’apprenti dans des projets concrets pour qu’il puisse développer son autonomie, prendre en charge son propre apprentissage et améliorer son savoir-être (Henry Boudreault).
  • Il créée des espaces de métacognition pour développer chez l’apprenant la pratique réflexive (Philippe Perrenoud).

Et vous ? Quel enseignant êtes-vous ?

Supplique d’un enfant à ses enseignants

L’École

par Jacques Salomé

 

Apprenez-nous l’enthousiasme.
Enseignez-nous l’étonnement de découvrir.
N’apportez pas seulement vos réponses.
Réveillez nos questions.
Accueillez surtout nos interrogations.
Appelez nous à respecter la vie.

Apprenez-nous à échanger, à partager, à dialoguer.
Enseignez-nous les possibles de la mise en commun.
N’apportez pas seulement votre savoir.
Réveillez notre faim d’être.
Accueillez nos contradictions et nos tâtonnements.
Appelez nous à grandir à la vie.

Apprenez-nous le meilleur de nous-mêmes.
Enseignez-nous à regarder, à explorer, à toucher l’indicible.
N’apportez pas seulement votre savoir faire.
Réveillez en nous le goût de l’engagement.
Accueillez notre créativité pour baliser un devenir.
Appelez nous à enrichir la vie.

Apprenez-nous la rencontre avec le monde.
Enseignez nous à entendre au-delà des apparences.
N’apportez pas seulement de la cohérence et des bribes de vérités,
Éveillez en nous la quête du sens.
Accueillez nos errances et nos maladresses.
Appelez-nous à entrer dans une vie plus ardente.

Il y a une urgence vitale.

 

“Minuscules aperçus sur la difficulté d’enseigner” (2004)
Jacques Salomé

Est-ce que le savoir est obsolète ?

 

Je souhaite aider à la construction d’un futur pour l’apprentissage, en aidant les enfants à travers le monde à mettre en oeuvre leur réflexion et leur capacité à travailler en groupe, dans des environnements d’apprentissages auto-organisés. Aidez-moi à créer ces écoles. Je les appellerai l’école dans le cloud. Cela sera une école dans laquelle les enfants auront ces expériences intellectuelles, dirigées par ces grandes questions posées par les professeurs.

Sugata Mitra
1994

 

Savoir interpréter

Pour que soit mise en place une éducation véritablement fondatrice, il ne faut plus favoriser les contenus de la formation, mais il faut cultiver la capacité de flexibilisation, c’est-à-dire apprendre comment changer : privilégier l’initiative sur la passivité, l’ouverture d’esprit sur l’étroitesse, la collaboration sur la concurrence, la souplesse sur la rigidité, l’autonomie sur la dépendance, le questionnement sur la croyance autoritaire.

Francisco Varella
"Né pour organiser"
1994

 
 

Briser le culte de l’éducation comme transfert d’informations. Remplacer la culture de l’information par la culture de l’autonomie de l’individu. L’éducation c’est construire son propre chemin d’apprentissage. La communication ce n’est pas un transfert d’information, ce n’est pas un échange d’entrées et de sorties d’informations. C’est le piège à dépasser. Communiquer c’est un processus de réorganisation interne de l’un et l’autre systèmes. Communiquer c’est créer une interface entre deux individus A et B, chacun étant vu comme un ensemble de constellation de sens. Communiquer c’est permettre l’émergence d’une nouvelle constellation de sens commune pour un temps, mais différente pour chacun qui n’est en aucun cas identique pour A et pour B, car chacun est porteur de son propre point de vu, de sa propre histoire, de son propre devenir. L’autonomie c’est mettre au centre de la dynamique de couplage, le processus d’émergence de sens continuel. L’intelligence ne se définit plus comme une faculté de résoudre un problème, mais comme celle de pénétrer un monde partagé. Il faut remplacer : capter de l’information par couplage actif, traitement de l’information par faire émerger du sens, acquisition de savoirs par construire son propre chemin d’apprentissage.

Francisco Varella
"Né pour créer du sens"
1994

 
 

Ce modèle de formation à intention plus appropriative pour le sujet en formation, repensé, développé, et enseigné à ma façon, m’a permis de transformer progressivement mes pratiques de formateur-enseignant ; puis de les faire évoluer vers un modèle en tension entre des savoirs à acquérir, des apprenants eux-mêmes porteurs de connaissances en éveillant leur désir d’apprendre, et un enseignant médiateur-accompagnateur des constructions singulières de connaissances. La pédagogie d’essence transmissive du jeune enseignant formateur que j’étais, s’est ainsi progressivement complexifiée par des dialogues intellectuels et opérationnels entre mon projet personnel, mes expériences (et ses deux sens) et la construction des savoirs sans cesse à réactualiser et à adapter.

Jean CLÉNET
"L'ingénierie des formations en alternance"
2003

 
 

Voilà le rôle du maître : être celui qui apporte les matériaux de questions nouvelles.

Albert Jacquard
1994

 
 

Car l’Ingenium – cette étrange faculté de l’esprit qui est de relier – …a été donné aux humains pour comprendre, c’est à dire pour faire.

Giambatista VICO
1708

Pédagogie Active

« Soyons francs : si on laissait aux pédagogues le soin exclusif d’initier les enfants à la manœuvre de la bicyclette, nous n’aurions pas beaucoup de cyclistes. Il faudrait, en effet, avant d’enfourcher le vélo, le connaître, n’est-ce pas, c’est élémentaire, détailler les pièces qui le composent et avoir fait avec succès de nombreux exercices sur les principes mécaniques de la transmission et de l’équilibre. Après, mais après seulement, l’enfant serait autorisé à monter en vélo. Oh ! soyez tranquille ! On ne le lancerait pas inconsidérément sur une route difficile où il risquerait de blesser les passants. Les pédagogues auraient mis au point de bonnes bicyclettes d’étude, montées sur cales, tournant à vide et sur lesquelles l’enfant apprendrait sans risque à se tenir en selle et à pédaler. Ce n’est, bien sûr, que lorsque l’élève saurait monter à bicyclette qu’on le laisserait s’aventurer librement sur sa mécanique. Heureusement, les enfants déjouent d’avance les projets trop prudents et trop méthodiques des pédagogues. »

Célestin FREINET
Les Dits de Mathieu (1978) – Delachaux et Niestlé

 

 

« La classe n’est pas un lieu ou le maître travaille, ou le maître s’exhibe, fait cours, c’est un lieu ou l’élève doit travailler. Mettons les élèves au travail. Le maître lui-même n’est qu’une sorte d’assistant du travail des élèves. C’est lui qui propose les méthodes. Il leur donne des choses à faire et fait de ces tâches la priorité. »

Célestin FREINET

 

 

« Il faut mobiliser l’enfant sur des enjeux intellectuels difficiles parceque ça les intéresse. »

« Il faut faire réussir les élèves pour les motiver. »

Philippe MEIRIEU
à propos de Freinet

 

« Tâchons de donner aux enfants l’amour du travail. »

Célestin FREINET

 

« C’est l’enfant lui-même qui doit s’éduquer, s’élever avec le concours des adultes. Nous déplaçons l’axe éducatif : le centre de l’école n’est plus le maître, mais l’enfant. Nous n’avons pas à rechercher les commodités du maîtres, ni ses préférences. La vie de l’enfant, ses besoins, ses possibilités sont à la base de notre méthode d’éducation populaire. »

Célestin FREINET

 

« Aide-moi à faire tout seul. »

Maria MONTESSORI

« Au lieu d’attendre une improbable révolution, il faut que la révolution entre dans la classe des enfants pauvres pour transformer la société à venir. C’est la pédagogie pour la transformation de l’humanité. Selon Freinet, l’école n’est pas faite pour adapter l’enfant à la société, mais pour lui donner l’esprit critique et le sens des responsabilités nécessaires à sa vie d’adulte autonome, inséré dans la vie démocratique mais aussi dans ses débats. »

Célestin FREINET

 

« On ne peut pas couper l’enfant en tranches. Si l’on scie un arbre en rondelles et que l’on empile les rondelles, on n’aura plus jamais un arbre, on aura du bois. Ce qui importe c’est l’expérience, c’est de réaliser quelque chose. »

Michel BARRET
Instituteur du mouvement freinet

 

Sources :

Collection : L’éducation en questions. Quatre documentaires de Philippe Meirieu produit pour l’émission “Les écrans du savoir” consacrée aux pédagogues praticiens J. Korczak, M. Montessori, C. Freinet, F. Oury., avec leur livret (disponibles à la bibliothèque de l’IFFP).

 

Emission de France Culture sur “L’école moderne de Célestin Freinet” :

 

“L’école buissonnière” (1949) avec Bernard Blier dans le rôle de Célestin Freinet :

Chartre du prof.

Pourquoi j’ai choisi ce métier ?

 

Parce que j’aime l’informatique.

 

Parce qu’après avoir pu voir tout ce qui me plaisait en informatique, je me suis dit que c’était le bon moment pour partager ma passion et mon savoir.

 

Parce que je souhaite avoir plus de temps libre qu’en entreprise, pour pouvoir continuer à travailler sur mes projets de recherche informatique personnels.

 

 

Qu’est-ce que c’est que pour moi d’être un bon prof ?

 

C’est quelqu’un qui arrive à créer, dans l’environnement de sa classe, un climat propice à l’apprentissage.

 

C’est quelqu’un qui réussi à partager son savoir sans user de menaces et d’autorité superflue, mais en créant des situations d’apprentissage qui excitent la curiosité et l’intérêt de ses élèves.

 

C’est enfin quelqu’un qui a suffisamment de cordes à son arc pour pouvoir adapter son cours aux situations du moment, sans être figé dans un schéma strict et rigide.

 

 

Qu’est-ce que je m’engage à vous offrir durant votre formation ?

 

Je m’engage à vous proposer, tant faire ce peut, une pédagogie différenciée dans laquelle les meilleurs et les moins bons auront de la matière à apprendre et dans laquelle tous seront suivi et soutenus dans leur volonté d’apprendre.

 

Je m’engage à alimenter mon cours d’exemples récents et intéressants, si possible en provenance du monde de l’industrie ou de la recherche.

 

Je m’engage à consacrer mon temps et mon énergie à la recherche permanente de nouvelles idées et d’innovations pédagogiques.

 

 

Christian Blanvillain
Genève, le 12 novembre 2013

 

Invariants pédagogiques

Par Celestin Freinet, 1964.

 

L’enfant est de la même nature que nous.

Être plus grand ne signifie pas forcément être au-dessus des autres.

Le comportement scolaire d’un enfant est fonction de son état physiologique, organique et constitutionnel.

Nul – l’enfant pas plus que l’adulte – n’aime être commandé d’autorité.

Nul n’aime s’aligner, parce que s’aligner, c’est obéir passivement à un ordre extérieur.

Nul n’aime se voir contraint à faire un certain travail, même si ce travail ne lui déplaît pas particulièrement. C’est la contrainte qui est paralysante.

Chacun aime choisir son travail, même si ce choix n’est pas avantageux.

Nul n’aime tourner à vide, agir en robot, c’est-à-dire faire des actes, se plier à des pensées qui sont inscrites dans des mécaniques auxquelles il ne participe pas.

Il nous faut motiver le travail.

Plus de scolastique (cours magistraux).

Tout individu veut réussir. L’échec est inhibiteur, destructeur de l’allant et de l’enthousiasme.

Ce n’est pas le jeu qui est naturel à l’enfant, mais le travail.

La voie normale de l’acquisition n’est nullement l’observation, l’explication et la démonstration, processus essentiel de l’École, mais le Tâtonnement expérimental, démarche naturelle et universelle.

La mémoire, dont l’École fait tant de cas, n’est valable et précieuse que lorsqu’elle est vraiment au service de la vie.

Les acquisitions ne se font pas comme l’on croit parfois, par l’étude des règles et des lois, mais par l’expérience. Étudier d’abord ces règles et ces lois, en français, en art, en mathématiques, en sciences, c’est placer la charrue devant les bœufs.

L’intelligence n’est pas, comme l’enseigne la scolastique, une faculté spécifique fonctionnant comme en circuit fermé, indépendamment des autres éléments vitaux de l’individu.

L’École ne cultive qu’une forme abstraite d’intelligence, qui agit, hors de la réalité vivante, par le truchement de mots et d’idées fixées par la mémoire.

L’enfant n’aime pas écouter une leçon ex cathedra.

L’enfant ne se fatigue pas à faire un travail qui est dans la ligne de sa vie, qui lui est pour ainsi dire fonctionnel.

Personne, ni enfant ni adulte, n’aime le contrôle et la sanction qui sont toujours considérés comme une atteinte à sa dignité, surtout lorsqu’ils s’exercent en public.

Les notes et les classements sont toujours une erreur.

Parlez le moins possible.

L’enfant n’aime pas le travail de troupeau auquel l’individu doit se plier comme un robot. Il aime le travail individuel ou le travail d’équipe au sein d’une communauté coopérative.

L’ordre et la discipline sont nécessaires en classe.

Les punitions sont toujours une erreur. Elles sont humiliantes pour tous et n’aboutissent jamais au but recherché. Elles sont tout au plus un pis-aller.

La vie nouvelle de l’École suppose la coopération scolaire, c’est-à-dire la gestion par les usagers, l’éducateur compris, de la vie et du travail scolaire.

La surcharge des classes est toujours une erreur pédagogique.

La conception actuelle des grands ensembles scolaires aboutit à l’anonymat des maîtres et des élèves; elle est, de ce fait, toujours une erreur et une entrave.

On prépare la démocratie de demain par la démocratie à l’École. Un régime autoritaire à l’École ne saurait être formateur de citoyens démocrates.

On ne peut éduquer que dans la dignité. Respecter les enfants, ceux-ci devant respecter leurs maîtres est une des premières conditions de la rénovation de l’Ecole.

L’opposition de la réaction pédagogique, élément de la réaction sociale et politique est aussi un invariant avec lequel nous aurons, hélas! à compter sans que nous puissions nous-mêmes l’éviter ou le corriger.

Il y a un invariant aussi qui justifie tous nos tâtonnements et authentifie notre action: c’est l’optimiste espoir en la vie.

[Source]

Développer la pratique réflexive

Ci-dessous, quelques notes personnelles sur « Développer la pratique réflexive dans le métier d’enseignant », de Philippe Perrenoud (2001), que je recommande tout particulièrement aux enseignants – formateurs qui désirent inscrirent leur démarche pédagogique dans une boucle sans fin de perfectionnement.

 

Introduction

Dans les premières pages, je me suis dit que ce livre ne m’était pas destiné mais s’adressait plutôt à mes formateurs de l’IFFP. Puis,  j’ai réalisé toute la richesse que pouvait m’apporter le fait de comprendre les buts fondamentaux de ma formation d’enseignant. « La pratique réflexive est un travail, qui, pour devenir régulier, exige une posture et une identité particulière. » Au fil des chapitres, j’ai réalisé que développer une pratique réflexive, pas seulement dans le métier d’enseignant mais dans toute activité professionnelle, était d’une importance capitale pour celui qui cherche l’excellence. Ainsi je me suis dit que si j’arrivais, au gré d’un entraînement intensif, à faire ce travail réflexif sur mes manières d’agir, alors je pourrai peut-être initier mes élèves à faire de même, pour leur apprendre à donner le meilleur d’eux-mêmes.

 

Pour commencer, voici un tableau présentant les différences entre un enseignant et un formateur :

Enseignant Formateur
Partir d’un programme Partir des besoins, des pratiques et des problèmes rencontrés
Cadre et démarches imposés Cadre et démarches négociés en classe
Contenu standardisé Contenu individualisé
Focalisation sur les savoirs à transmettre et leur organisation en un texte cohérent Focalisation sur les processus d’apprentissage et leur régulation
Evaluation sommative Evaluation formative
Personnes mises entre parenthèses Personnes au centre
Apprentissage = assimilation de connaissances Apprentissage = transformation de la personne
Priorité aux connaissances Priorité aux compétences
Planification forte Navigation à vue
Groupe = obstacle Groupe = ressource
Fiction d’homogénéité au départ Bilan de compétences au départ
S’adresse à un élève S’adresse à un sujet « se formant »
Travail à flux poussé selon un programme Travail à flux tendus en fonction du temps qui reste pour atteindre l’objectif
Posture de savant partageant son savoir Posture d’entraîneur prêtant main forte à une autoformation

Si la colonne de droite vous correspond plus que la colonne de gauche, alors ce livre est fait pour vous ! « Il ne suffit plus d’enseigner, il faut faire apprendre en trouvant la démarche appropriée pour chacun ». L’analyse de comment nous fonctionnons en classe, de pourquoi c’est difficile de s’observer foncitonner objectivement et pourquoi il est encore plus difficile de changer nos habitudes, est extraordinairement intéressante. C’est un livre qui vous permetra de comprendre comment vous fonctionnez, et par ce biais, vous aidera à devenir quelqu’un d’autre (que l’on espère meilleur !), la pratique réflexive étant la clef du processus de transformation.

 

Quelques phrases qui m’ont beaucoup parlé :

« L’enseignant est un inventeur, un chercheur, un bricoleur, un aventurier qui s’engage hors des sentiers battus et court donc à sa perte s’il ne réfléchit pas intensément à ce qu’il fait et n’apprend pas très vite de l’expérience. »

« La réflexion dans l’action (réfléchir pour agir) est le mode de fonctionnement d’une compétence de haut niveau, alors que la réflexion sur l’action (prendre sa manière d’agir comme objet de réflexion) est une source d’autoformation et d’évolution des compétences et des savoirs professionnels »

« Réfléchir à ce qui s’est passé, à ce que l’on a fait ou essayé de faire, à ce que son action a donné. […] Dresser un bilan, comprendre ce qui a marché ou non, se préparer à la prochaine fois. »

« Théoriser sa propre pratique. Se voir fonctionner et aussi dysfonctionner. Rester lucide sans se dévaloriser. »

« Ne pas s’enfermer dans la routine et les certitudes. Toujours garder un rapport réflexif au monde et au savoir, une curiosité, un regard distancié, des attitudes, l’envie de comprendre. »

« Chacun résiste à l’idéer qu’il est mû par son habitus sans en avoir conscience et plus encore, sans parvenir à identifier les schèmes en jeu. Notre désir de maîtrise nous pousse à surestimer la part du conscient et du rationnel dans nos mobiles et nos actes. Nous pouvons certes admettre qu’il est parfois plus efficace ou expéditif d’agir sans trop réfléchir, de laisser jouer des ‘automatismes’. Mais nous aimerions croire que c’est un renoncement délibéré, que nous pourrions reprendre le contrôle à condition de le vouloir… Or, il n’en est rien. »

« La prise de conscience ne se déclenche guère que sous la pression des échecs et obstacles rencontrés par le sujet quand il cherche à atteindre des buts qui le motivent. »

 

 

 

 

Nouvelles compétences pour enseigner

Ci-dessous, quelques notes personnelles sur « Dix nouvelles compétences pour enseigner », de Philippe Perrenoud (1999), que je recommande tout particulièrement à ceux qui, comme moi, découvrent le métier nouveau d’enseignant.

 

Pour commencer, un extrait (libre) du référentiel de compétences proposé :

  • Gérer la progression des apprentissages.
  • Concevoir et gérer des situations-problèmes ajustées au niveau et aux possibilités des élèves.
  • Acquérir une vision longitudinale des objectifs de l’enseignement.
  • Établir des liens avec les théories qui sous-tendent les activités d’apprentissage.
  • Observer et évaluer les élèves dans des situations d’apprentissage, selon une approche formative.
  • Établir des bilans périodiques de compétences et prendre des décisions de progression.
  • Travailler à partir des représentations des élèves.
  • Travailler à partir des erreurs et des obstacles à l’apprentissage.
  • Pratiquer du soutien intégré, travailler avec des élèves en grande difficulté.
  • Susciter le désir d’apprendre, expliciter le rapport au savoir, le sens du travail scolaire et développer la capacité d’autoévaluation chez l’enfant.
  • Favoriser la définition d’un projet personnel de l’élèves.
  • Instituer et faire fonctionner un conseil de classe des élèves et négocier avec les élèves divers types de règles et de contrats.
  • Décloisonner, élargir la gestion de classe à un espace plus vaste.
  • Développer la coopération entre élèves et certaines formes simples d’enseignement mutuel.
  • Élaborer un projet d’équipe, des représentations communes.
  • Organiser et faire évoluer, au sein de l’école, la participation des élèves.
  • Participer à la mise en place de règles de vie commune touchant la discipline à l’école, les sanctions, l’appréciation de la conduite.
  • Développer le sens des responsabilités, la solidarité, le sentiment de justice.

 

Voici ensuite quelques phrases qui m’ont beaucoup parlé :

“Les professeurs ont du mal à comprendre que leurs élèves ne comprennent pas, puisqu’ils ont perdu la mémoire du chemin de la connaissance”.

“Considérer l’erreur comme un outil pour enseigner, un révélateur des mécanismes de pensée de l’apprenant”.

“Concevoir des situations qui stimulent le conflit cognitif, entre élèves ou dans la tête de chacun”.

“Rendre accessible et enviable son propre rapport au savoir et à la recherche, incarner un modèle plausible d’apprenant”.

“Établir une complicité et une solidarité crédibles dans la quête du savoir. Chercher avec ses élèves”.

“Prendre les élèves là où ils sont et les mener un peu plus loin. Solliciter les élèves dans leur zone de proche développement. Proposer des situations offrant des défis qui poussent chacun à progresser, tout en restant à leur portée.”

“Ne plus séparer évaluation et enseignement. Considérer chaque situation d’apprentissage comme source d’informations ou d’hypothèses précieuses pour mieux cerner les acquis et les fonctionnements des élèves.”

“Pour que chaque élève progresse vers les maîtrises visées, il convient de le placer très souvent dans une situation d’apprentissage optimale pour lui. Il ne suffit pas qu’elle ait du sens, le concerne et le mobilise. Elle doit encore le solliciter dans sa zone de développement proche.”

“Créer de nouveaux espaces-temps de formation. Utiliser toutes les ressources disponibles, jouer sur tous les paramètres pour organiser les interactions et les activités de sorte que chaque élève soit constamment ou du moins très souvent confronté aux situations didactiques les plus fécondes pour lui.”

“Donner la priorité aux régulations interactives en situation, sans renoncer pour autant à toute régulation rétroactive (remédiation, soutien) ou proactive (micro-orientation vers des tâches et des groupes différents).”

“Travailler par moments en groupes de besoins, et à d’autre moments, en groupes de projet.”

“On peut apprendre en riant, en jouant, en ayant du plaisir.”


Enseigner
c’est renforcer la décision d’apprendre
et stimuler le désir de savoir.

Pédagogie Agile

Par Christian den Hartigh.

Je prône pour un paradigme constructiviste : apprendre, c’est agir, et agir c’est apprendre. La salle de classe est un laboratoire, autant pour les apprenants que pour moi. Il faut apprendre à affronter l’incertitude. L’essentiel du travail dans le laboratoire est la création d’hypothèses, dans laquelle on va construire ses propres schémas de pensée et créer de l’agilité cognitive. Il est primordial de savoir s’adapter, d’être réactif, de savoir changer de stratégie. Je me dois de me laisser porter par des mécanismes d’autorégulation, une adaptation permanente dans des modifications stabilisantes afin d’accompagner l’évolution tout autant que l’homéostasie.

 Libre synthèse d’articles lus sur le blog

 

En pédagogie agile, nous valorisons :

Les Buts et les Objectifs plus que les règles et les processus.

La Libération du Potentiel Humain plus que la conformité à des résultats anticipés.

Le Courage et la Compassion plus qu’une complaisance facile.

La Pratique et le Progrès plus qu’un sermon sur la perfection.

L’Observation de l’Environnement plus que le contrôle des comportements.

 

Nos valeurs :

Les individus et leurs interactions plus que les processus et les outils.

La collaboration formateur-apprenant plus que la réduction de l’incertitude.

Des créations opérationnelles plus que des connaissances exhaustives.

L’adaptation au changement plus que le suivi d’un plan.

 

Nos principes :

Vérifier la cohérence des pratiques vis-vis des objectifs garantit l’intégrité de la parole et de l’action.

Nous pratiquons ce que nous prêchons et nous prêchons ce que nous valorisons, et nos enfants observent cela.

Nous reconnaissons le caractère incertain de l’environnement dans lequel nous vivons, en tant que parents et enfants.

Nous restons suffisamment conscients pour nous adapter au changement, tout en maintenant l’objectif.

Encourager l’exploration par la curiosité et une expérience réflexive maintient un niveau de conscience permettant de tirer partie de toutes les possibilités.

Aborder les situations avec un sens de l’aventure et de l’espoir crée une énergie positive qui génère l’estime de soi et une respectueuse confiance en soi.

Fournir aux membres de la famille des modes de communication ouverts et honnêtes.

Vivre une vie d’auto-réflexion continue et avoir la force d’admettre et d’accepter la vérité sur nous-mêmes.

S’engager dans le droit chemin, et pas uniquement le chemin facile, et agir avec intégrité.

Nous croyons qu’un environnement sain et favorable est essentiel pour pratiquer et développer les compétences.

Les actions basées sur la preuve ou l’expérience seront toujours mieux comprises que les idées et les mots.

Les résultats visibles de la pratique sont la principale mesure du progrès.

Donner aux enfants l’environnement et le soutien dont ils ont besoin, et avoir confiance dans le fait que s’ensuivront des comportements adaptés.

A intervalles réguliers, se concentrer sur la structure et les processus mentaux non-conscients (psyché) de la famille.

A la fois, s’ajuster et s’adapter lorsque c’est nécessaire, mais pas au-delà.

 

Pédagogie_Agile

 

 


Mots clefs : kaban, pomodoro, sociocratie, auto-organisation, interdisciplinarité, démarche itérative et incrémentale, design thinking,…