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Éducation nouvelle

Et sur les indications du diable, on créa l’école. L’enfant aime la nature : on le parqua dans des salles closes. L’enfant aime voir son activité servir à quelque chose : on fit en sorte qu’elle n’eût aucun but. Il aime bouger : on l’obligea à se tenir immobile. Il aime manier des objets : on le mit en contact avec des idées. Il aime se servir de ses mains : on ne mit en jeu que son cerveau. Il aime parler : on le contraignit au silence. Il voudrait raisonner : on le fit mémoriser. Il voudrait chercher la science : on la lui servit toute faite. Il voudrait s’enthousiasmer : on inventa les punitions. […] Alors les enfants apprirent ce qu’ils n’auraient jamais appris sans cela. Ils surent dissimuler, ils surent tricher, ils surent mentir.

 

Adolphe Ferrière
Cofondateur en 1921 de la Ligue internationale de l’éducation nouvelle

Technologies Numériques et Éducation Nouvelle

« La révolution numérique est sans doute une incitation à faire plus que d’injecter de nouveaux matériels numériques dans une école à la forme inchangée, ou même de n’aborder que la question de la transformation des espaces. C’est un appel à formuler d’abord un nouveau modèle politique d’éducation qui permette à tous les citoyens en devenir d’habiter en pleine responsabilité et en pleine pensée critique la société de l’information dans laquelle ils vivent. Et ce modèle orientera l’évolution des métiers, des contenus, des temps et des lieux de l’éducation. »

https://blogs.mediapart.fr/jean-pierre-veran/blog/110117/cultures-numeriques-l-ecole-par-dela-l-incertitude-quelle-question

Les nouvelles générations

 

Symptôme Y :

  • Super pouvoir dans ses mains : le numérique.
  • Génération omnisciente – le savoir à porter de clic.
  • Présomption de compétences.
  • Changer le rapport à l’entreprise.
  • Partir des entreprises.
  • Faire passer le pourquoi avant le comment.
  • Ambition de s’accomplir avant celle de réussir.

 

Symptôme Z :

  • Le Z devient son propre patron.
  • Le centre d’emploi devient le Z.
  • 13 métiers différents à moins de 30 ans.
  • Évolue dans un monde régie par l’obsolescence des compétences ou rien ne sera jamais pour jamais.
  • La plupart des métiers qu’ils feront dans 5 ans n’existe encore pas.
  • A quoi sa sert l’école pour faire un job qui n’existe pas encore ?

 

La conclusion du Z :

  • Je serai entrepreneur de ma formation.
  • On apprendra de moi demain.
  • L’entreprise sera une entreprise apprenante, diplômante ?
  • Apprendre de l’école : 7% uniquement…

 

Ma conclusion de « vieux » prof :

  • Sachant que ce qui est dit ici a de grande chance d’être visible demain.
  • Sachant que je forme des élèves pour l’école de la vie.
  • Que dois-je leur apprendre qui pourrait leur servir dans cette vision d’avenir ?
  • Qu’est-ce qui sera important pour eux ?

La parole et le silence

Entre :
 Ce que je pense,
Ce que je veux dire,
 Ce que je crois dire,
 Ce que je dis,
 Ce que vous avez envie d’entendre,
 Ce que vous croyez entendre,
 Ce que vous entendez,
 Ce que vous avez envie de comprendre,
 Ce que vous croyez comprendre,
 Ce que vous pouvez comprendre,
 Ce que vous comprenez,
 Il y a dix Autant de possibilités que l’on ait des difficultés à communiquer.
 Mais essayons quand même… ”

Encyclopédie du savoir relatif et absolu
Edmond Wells / Bernard Weber

 

Concluons en citant Roger Cousinet :
‟ Arrêtons d’enseigner pour que les élèves puissent commencer à apprendre ! ”

 

Rôle de l’enseignant

Selon moi, l’enseignant n’incarne pas le savoir, ni le transmet :

  • Il créée un climat et des conditions favorables pour faire apprendre aux élèves à faire les choses, en les faisant (Philippe Meirieu).
  • Il créée des situations problèmes dans leur zone proximale de développement pour exciter leur curiosité, susciter le conflit cognitif et développer le regard critique et la créativité (Lev Vygotski).
  • Il plonge l’apprenti dans des projets concrets pour qu’il puisse développer son autonomie, prendre en charge son propre apprentissage et améliorer son savoir-être (Henry Boudreault).
  • Il créée des espaces de métacognition pour développer chez l’apprenant la pratique réflexive (Philippe Perrenoud).

Et vous ? Quel enseignant êtes-vous ?

Supplique d’un enfant à ses enseignants

L’École

par Jacques Salomé

 

Apprenez-nous l’enthousiasme.
Enseignez-nous l’étonnement de découvrir.
N’apportez pas seulement vos réponses.
Réveillez nos questions.
Accueillez surtout nos interrogations.
Appelez nous à respecter la vie.

Apprenez-nous à échanger, à partager, à dialoguer.
Enseignez-nous les possibles de la mise en commun.
N’apportez pas seulement votre savoir.
Réveillez notre faim d’être.
Accueillez nos contradictions et nos tâtonnements.
Appelez nous à grandir à la vie.

Apprenez-nous le meilleur de nous-mêmes.
Enseignez-nous à regarder, à explorer, à toucher l’indicible.
N’apportez pas seulement votre savoir faire.
Réveillez en nous le goût de l’engagement.
Accueillez notre créativité pour baliser un devenir.
Appelez nous à enrichir la vie.

Apprenez-nous la rencontre avec le monde.
Enseignez nous à entendre au-delà des apparences.
N’apportez pas seulement de la cohérence et des bribes de vérités,
Éveillez en nous la quête du sens.
Accueillez nos errances et nos maladresses.
Appelez-nous à entrer dans une vie plus ardente.

Il y a une urgence vitale.

 

“Minuscules aperçus sur la difficulté d’enseigner” (2004)
Jacques Salomé

Est-ce que le savoir est obsolète ?

 

Je souhaite aider à la construction d’un futur pour l’apprentissage, en aidant les enfants à travers le monde à mettre en oeuvre leur réflexion et leur capacité à travailler en groupe, dans des environnements d’apprentissages auto-organisés. Aidez-moi à créer ces écoles. Je les appellerai l’école dans le cloud. Cela sera une école dans laquelle les enfants auront ces expériences intellectuelles, dirigées par ces grandes questions posées par les professeurs.

Sugata Mitra
1994

 

Savoir interpréter

Pour que soit mise en place une éducation véritablement fondatrice, il ne faut plus favoriser les contenus de la formation, mais il faut cultiver la capacité de flexibilisation, c’est-à-dire apprendre comment changer : privilégier l’initiative sur la passivité, l’ouverture d’esprit sur l’étroitesse, la collaboration sur la concurrence, la souplesse sur la rigidité, l’autonomie sur la dépendance, le questionnement sur la croyance autoritaire.

Francisco Varella
"Né pour organiser"
1994

 
 

Briser le culte de l’éducation comme transfert d’informations. Remplacer la culture de l’information par la culture de l’autonomie de l’individu. L’éducation c’est construire son propre chemin d’apprentissage. La communication ce n’est pas un transfert d’information, ce n’est pas un échange d’entrées et de sorties d’informations. C’est le piège à dépasser. Communiquer c’est un processus de réorganisation interne de l’un et l’autre systèmes. Communiquer c’est créer une interface entre deux individus A et B, chacun étant vu comme un ensemble de constellation de sens. Communiquer c’est permettre l’émergence d’une nouvelle constellation de sens commune pour un temps, mais différente pour chacun qui n’est en aucun cas identique pour A et pour B, car chacun est porteur de son propre point de vu, de sa propre histoire, de son propre devenir. L’autonomie c’est mettre au centre de la dynamique de couplage, le processus d’émergence de sens continuel. L’intelligence ne se définit plus comme une faculté de résoudre un problème, mais comme celle de pénétrer un monde partagé. Il faut remplacer : capter de l’information par couplage actif, traitement de l’information par faire émerger du sens, acquisition de savoirs par construire son propre chemin d’apprentissage.

Francisco Varella
"Né pour créer du sens"
1994

 
 

Ce modèle de formation à intention plus appropriative pour le sujet en formation, repensé, développé, et enseigné à ma façon, m’a permis de transformer progressivement mes pratiques de formateur-enseignant ; puis de les faire évoluer vers un modèle en tension entre des savoirs à acquérir, des apprenants eux-mêmes porteurs de connaissances en éveillant leur désir d’apprendre, et un enseignant médiateur-accompagnateur des constructions singulières de connaissances. La pédagogie d’essence transmissive du jeune enseignant formateur que j’étais, s’est ainsi progressivement complexifiée par des dialogues intellectuels et opérationnels entre mon projet personnel, mes expériences (et ses deux sens) et la construction des savoirs sans cesse à réactualiser et à adapter.

Jean CLÉNET
"L'ingénierie des formations en alternance"
2003

 
 

Voilà le rôle du maître : être celui qui apporte les matériaux de questions nouvelles.

Albert Jacquard
1994

 
 

Car l’Ingenium – cette étrange faculté de l’esprit qui est de relier – …a été donné aux humains pour comprendre, c’est à dire pour faire.

Giambatista VICO
1708

Chartre du prof.

Pourquoi j’ai choisi ce métier ?

 

Parce que j’aime l’informatique.

 

Parce qu’après avoir pu voir tout ce qui me plaisait en informatique, je me suis dit que c’était le bon moment pour partager ma passion et mon savoir.

 

Parce que je souhaite avoir plus de temps libre qu’en entreprise, pour pouvoir continuer à travailler sur mes projets de recherche informatique personnels.

 

 

Qu’est-ce que c’est que pour moi d’être un bon prof ?

 

C’est quelqu’un qui arrive à créer, dans l’environnement de sa classe, un climat propice à l’apprentissage.

 

C’est quelqu’un qui réussi à partager son savoir sans user de menaces et d’autorité superflue, mais en créant des situations d’apprentissage qui excitent la curiosité et l’intérêt de ses élèves.

 

C’est enfin quelqu’un qui a suffisamment de cordes à son arc pour pouvoir adapter son cours aux situations du moment, sans être figé dans un schéma strict et rigide.

 

 

Qu’est-ce que je m’engage à vous offrir durant votre formation ?

 

Je m’engage à vous proposer, tant faire ce peut, une pédagogie différenciée dans laquelle les meilleurs et les moins bons auront de la matière à apprendre et dans laquelle tous seront suivi et soutenus dans leur volonté d’apprendre.

 

Je m’engage à alimenter mon cours d’exemples récents et intéressants, si possible en provenance du monde de l’industrie ou de la recherche.

 

Je m’engage à consacrer mon temps et mon énergie à la recherche permanente de nouvelles idées et d’innovations pédagogiques.

 

 

Christian Blanvillain
Genève, le 12 novembre 2013

 

Hello world!

Fervent adepte de la pédagogie humaniste, j’aimerai utiliser ce blog comme une plateforme d’échange d’expériences entre enseignants. Alors que j’écris ces lignes, je n’enseigne l’informatique au Centre de Formation Professionnelle et Technique de Genève que depuis une année, mais j’ai déjà appris tellement de choses que je souhaite les partager avec tous ! Mon principal ennemi c’est le temps mais peu importe la lenteur de mes pas : l’important c’est d’aller dans la bonne direction 😉

Christian Blanvillain
le-prof@pensees-pedagogiques.com

bl@nvilla.in