Développer la pratique réflexive

Ci-dessous, quelques notes personnelles sur « Développer la pratique réflexive dans le métier d’enseignant », de Philippe Perrenoud (2001), que je recommande tout particulièrement aux enseignants – formateurs qui désirent inscrirent leur démarche pédagogique dans une boucle sans fin de perfectionnement.

 

Introduction

Dans les premières pages, je me suis dit que ce livre ne m’était pas destiné mais s’adressait plutôt à mes formateurs de l’IFFP. Puis,  j’ai réalisé toute la richesse que pouvait m’apporter le fait de comprendre les buts fondamentaux de ma formation d’enseignant. « La pratique réflexive est un travail, qui, pour devenir régulier, exige une posture et une identité particulière. » Au fil des chapitres, j’ai réalisé que développer une pratique réflexive, pas seulement dans le métier d’enseignant mais dans toute activité professionnelle, était d’une importance capitale pour celui qui cherche l’excellence. Ainsi je me suis dit que si j’arrivais, au gré d’un entraînement intensif, à faire ce travail réflexif sur mes manières d’agir, alors je pourrai peut-être initier mes élèves à faire de même, pour leur apprendre à donner le meilleur d’eux-mêmes.

 

Pour commencer, voici un tableau présentant les différences entre un enseignant et un formateur :

Enseignant Formateur
Partir d’un programme Partir des besoins, des pratiques et des problèmes rencontrés
Cadre et démarches imposés Cadre et démarches négociés en classe
Contenu standardisé Contenu individualisé
Focalisation sur les savoirs à transmettre et leur organisation en un texte cohérent Focalisation sur les processus d’apprentissage et leur régulation
Evaluation sommative Evaluation formative
Personnes mises entre parenthèses Personnes au centre
Apprentissage = assimilation de connaissances Apprentissage = transformation de la personne
Priorité aux connaissances Priorité aux compétences
Planification forte Navigation à vue
Groupe = obstacle Groupe = ressource
Fiction d’homogénéité au départ Bilan de compétences au départ
S’adresse à un élève S’adresse à un sujet « se formant »
Travail à flux poussé selon un programme Travail à flux tendus en fonction du temps qui reste pour atteindre l’objectif
Posture de savant partageant son savoir Posture d’entraîneur prêtant main forte à une autoformation

Si la colonne de droite vous correspond plus que la colonne de gauche, alors ce livre est fait pour vous ! « Il ne suffit plus d’enseigner, il faut faire apprendre en trouvant la démarche appropriée pour chacun ». L’analyse de comment nous fonctionnons en classe, de pourquoi c’est difficile de s’observer foncitonner objectivement et pourquoi il est encore plus difficile de changer nos habitudes, est extraordinairement intéressante. C’est un livre qui vous permetra de comprendre comment vous fonctionnez, et par ce biais, vous aidera à devenir quelqu’un d’autre (que l’on espère meilleur !), la pratique réflexive étant la clef du processus de transformation.

 

Quelques phrases qui m’ont beaucoup parlé :

« L’enseignant est un inventeur, un chercheur, un bricoleur, un aventurier qui s’engage hors des sentiers battus et court donc à sa perte s’il ne réfléchit pas intensément à ce qu’il fait et n’apprend pas très vite de l’expérience. »

« La réflexion dans l’action (réfléchir pour agir) est le mode de fonctionnement d’une compétence de haut niveau, alors que la réflexion sur l’action (prendre sa manière d’agir comme objet de réflexion) est une source d’autoformation et d’évolution des compétences et des savoirs professionnels »

« Réfléchir à ce qui s’est passé, à ce que l’on a fait ou essayé de faire, à ce que son action a donné. […] Dresser un bilan, comprendre ce qui a marché ou non, se préparer à la prochaine fois. »

« Théoriser sa propre pratique. Se voir fonctionner et aussi dysfonctionner. Rester lucide sans se dévaloriser. »

« Ne pas s’enfermer dans la routine et les certitudes. Toujours garder un rapport réflexif au monde et au savoir, une curiosité, un regard distancié, des attitudes, l’envie de comprendre. »

« Chacun résiste à l’idéer qu’il est mû par son habitus sans en avoir conscience et plus encore, sans parvenir à identifier les schèmes en jeu. Notre désir de maîtrise nous pousse à surestimer la part du conscient et du rationnel dans nos mobiles et nos actes. Nous pouvons certes admettre qu’il est parfois plus efficace ou expéditif d’agir sans trop réfléchir, de laisser jouer des ‘automatismes’. Mais nous aimerions croire que c’est un renoncement délibéré, que nous pourrions reprendre le contrôle à condition de le vouloir… Or, il n’en est rien. »

« La prise de conscience ne se déclenche guère que sous la pression des échecs et obstacles rencontrés par le sujet quand il cherche à atteindre des buts qui le motivent. »

 

 

 

 

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