L’éternel étudiant

Il est bien loin le temps ou je prenais le temps d’apprendre, assis sur les bancs de l’université, à écouter des profs parler à longueur de journées. Aujourd’hui c’est moi le prof et non, je ne parle pas, je ne professe pas, je n’enseigne pas : je créée des contextes que j’estime être favorables aux apprentissage et je me tait. J’observe les élèves. Je cherche à comprendre leurs difficultés et surtout, je continue d’étudier et d’apprendre… Mais je n’apprends plus l’informatique maintenant que je « l’enseigne », j’apprends à comprendre comment font les élèves pour comprendre, pour apprendre, pour résoudre des problèmes, pour imaginer de nouvelles solutions, pour gérer leurs émotions, pour grandir de leurs interactions sociales. En même temps, je lis, je réfléchis, je cherche, j’expérimente, je doute, je me fatigue, je prends du plaisir, j’avance, vite, très vite. Et dans ce tourbillon en accélération incessante, j’observe les années passées en me disant : tu dois prendre le temps d’apprendre, en enseignant ce que tu découvres à tes collègues (cf: enseigner c’est apprendre deux fois). Tu dois écrire de temps en temps un petit billet sur ce blog, partager tes pensées, tes doutes et tes découvertes. Mais il y a toujours une chose plus urgente à préparer pour le lendemain et les journées, les semaines, les mois, les années passent. Je regarde pensees-pedagogiques et je frissonne de voir tout ce qu’il me faudrait écrire pour expliquer ce que j’ai appris et découvert ces dernières années ! Heureusement j’ai commencé une thèse qui, je l’espère, m’aidera à synthétiser quelques unes de ces pensées et de ces expériences. Quoi qu’il en soit, il est bien loin le temps ou je prenais le temps d’apprendre.

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